«Rentenreform: Frankreich umgeht das Parlament»

«Rentenreform soll kommen – per Dekret»

«Frankreichs Regierung greift bei der Rentenreform zum Holzhammer»

«Rentenreform in Frankreich: Macron schwingt die Verfassungskeule»

So oder so ähnlich lauteten die Titel fast aller Zeitungsberichte, welche sich auf die Vorkommnisse der letzten Tage bezüglich Frankreichs Rentenreform bezogen. Irgendwo im Text wird dann auch der entsprechende Artikel genannt: Artikel 49 Absatz 3, kurz 49.3. Dieser ermächtigt den Premierminister (z.Z. Édouard Philippe, ernannt von Macron), bei der Gesetzesverabschiedung bezüglich der Finanzen oder Finanzierung von Sozialversicherungen das Parlament aussen vor zu lassen. Begründet wurde dieser Artikel 1958 durch die «Stabilitätsverleihung für die Regierung».

Alleine der Fakt, dass darin hauptsächlich Verabschiedungen mit der Thematik Sozialversicherung eingeschlossen sind, zeigt auf, dass es sich dabei ausschliesslich um einen Artikel handelt, welcher darauf abzielt, unangenehmen parlamentarischen Widerstand bei Angriffen auf Sozialerrungenschaften auszuhebeln. Man darf sich auch nicht davon täuschen lassen, dass die parlamentarische Linke 41’000 Änderungsanträge gestellt hat (die Hälfte davon schon vor Mitte Februar), was bestenfalls eine Verzögerung der Rentenreform bewirkt hätte.

So ist Frankreichs ausserparlamentarische Linke nicht überrascht, wurde besagter Artikel angewandt, bewirkte dies eine Beschleunigung des ganzen Prozesses, welcher sich ansonsten einige lästige Jahre hätte dahinziehen können; dass die Rentenreform in irgendeiner Form umgesetzt würde, stand leider niemals gross zur Diskussion.

Dies ist weiter nicht verwunderlich, zeigt es uns doch primär auf, dass es sowohl Aufgabe als auch Interesse der Regierungen ist, Ungleichgewicht zugunsten von Unternehmen und Reichen zu verteidigen und auszubauen. Den Kampf gegen diese andauernden und uns bevorstehenden Angriffe dürfen wir jedoch unter keinen Umständen reformistisch führen, alle Wege der bürgerlichen parlamentarischen Demokratie enden schlussendlich in einer Sackgasse. Dies beinhaltet auch viele der Gewerkschaften in Frankreich (aber ebenso in der Schweiz!), bei welchen sich die Führungsebene auf einen Diskurs mit Politik und Parteien einliess und somit einerseits das Interesse der Arbeitenden verriet, als auch andererseits eine Spaltung (bspw. mit den GJ) hervorbrachte.

Wir müssen weiterhin auf der Strasse, in Quartieren, Schulen und Betrieben aktiv sein und uns organisieren, gegen jede Art der Unterdrückung: sei dies gegen die alltäglichen Femizide, den sich normalisierenden faschistischen Dauerzustand oder die ökonomischen Zwänge.

Beitragsfoto: streikende Anwält*innen.


(folgend eine Analyse eines Genossen aus Toulouse)

Le 49.3 ou le danger du réformisme :
La réforme des retraites était à l’ordre du jour du programme présidentiel de Macron. Rien d’étonnant à cela. En effet, Macron a été élu sur un programme ultra capitaliste, dans une période où le capital doit se restructurer pour faire face à sa propre crise. La France est en retard sur le plan structurel. Macron applique ce que le Royaume-Uni a connu dans les années 80/90 avec Margaret Thatcher : « pas d’alternative » dans le démantèlement des acquis sociaux. Tout cela dans un contexte mondial de « libéralisme », c’est à dire à un retour à un capitalisme « pur », sans entrave.
Après les habituelles consultations, dirigées par Jean-Paul Delevoye, un rapport est remis en juillet 2019 et le projet de loi est soumis à l’Assemblée Nationale et au Sénat en janvier 2020. C’est le mois précédant cette présentation que le mouvement social contre la réforme commence.
Le mouvement contre cette réforme à mis en lumière deux constats important :
Premièrement, la perte de vitesse des centrales syndicales, en particulier de la CGT. Cette perte de vitesse peut s’expliquer par plusieurs phénomènes : perte d’adhérents, disparition progressive de bastions syndicales (dans l’automobile par exemple) dû à l’éclatement et à la précarisation du prolétariat en France. Ajoutons à cela le clientélisme des centrales syndicales et leurs nombreux échecs antérieurs qui ont fortement contribué à leur discrédit populaire. Deuxièmement, le mouvement a montré l’impact du mouvement des Gilets Jaunes sur le mouvement social. En effet, le mouvement s’est majoritairement constitué à la base des syndicats et en contradiction presque directe avec les directions syndicales. De plus, c’est un mouvement « de fond », c’est à dire qu’il s’est étalé sur la durée, comme celui des Gilets Jaunes. Enfin, il a pointé rapidement les limites des mouvements syndicaux précédents, avec ses journées de mobilisation et ses manifestations légalistes. On a vu ainsi la multiplication d’actions symboliques mais aussi de nombreuses tentatives de jonction avec le mouvement des Gilets Jaunes. De son côté, le camp réformiste, largement représenté aujourd’hui par la France Insoumise, a proposé son habituel lot d’illusions en proposant une réforme des retraites « sociale et réaliste »(v. 1). En parallèle, la France insoumise a déposé plus de 20 000 amendements à l’Assemblée Nationale, promettant de « tenir la tranchée ». Ce nombre d’amendements en effectivement mis le gouvernement dos au mur. Il n’a pas eu le choix d’utiliser l’article 49 alinéa 3 (dit 49.3), c’est à dire l’adoption de la loi sans vote de l’Assemblée, sans amendements.
L’annonce du 49.3 le samedi 29 février 2020 a déclenché quelques rassemblement partout en France, notamment devant l’Assemblée Nationale à Paris. Des manifestations sont également annoncées en réaction cette semaine de début mars. Si il faut évidemment se réjouir d’un rebond de la mobilisation autour de l’utilisation du 49.3, nous devons nous méfier de l’idée sous-jacente d’un tel mot d’ordre. En effet, il ne faudrait pas tomber dans le piège réformiste qui appelle à une « juste démocratie ». Cela nous enfermerait dans le cadre de la démocratie bourgeoise et des illusions réformistes. Cette contradiction n’est pas nouvelle. A chaque mouvement contre une réforme anti-sociale, le piège est tendu. Ce même piège est présent également dans toutes les luttes démocratiques, que ce soit pour le climat, le logement par exemple, mais aussi la lutte féministe ou antiraciste. Le mouvement révolutionnaire doit rappeler que si c’est nécessaire de contrer une réforme libérale, il ne s’agit pas d’un but en soi. La force d’un mouvement social reste dans le fait de montrer que c’est par l’organisation que le prolétariat puise sa force. Nous devons nous appuyer sur les aspects les plus radicaux de ce mouvement, illustré par le mot d’ordre « contre la réforme Macron et son monde ». Un mouvement social doit permettre la prise de conscience que le capitalisme n’est qu’une impasse. Il n’est pas réformable, sinon sur les marges.
Nous devons sans cesse démontrer que pour contrer la destruction de la planète et de nos vies, c’est tout un système à abattre. Et la bataille sera dans la rue, dans les assemblée de travailleurs ou de
quartier et pas à l’Assemblée !

1 https://lafranceinsoumise.fr/2019/12/17/reforme-des-retraites-contre-projet/